Les circulations d’accès sont redessinées pour distinguer le service et le public, sans que les parcours se croisent. Une boucle de service — livraisons, dépôt, parking — dessert l’arrière du bâti et des pavillons, quand les hôtes remontent vers les jardins. Le terrain est redessiné sur la base des archives et adapté à l’usage du projet.
Au premier étage, Le petit couvert se sert à table par deux, comme le déjeuner de cour pris durant le Grand Siècle en cercle privé. Miroirs et textile ocre en rappellent l’intimité. La carte vient du seul jardin nourricier du domaine.
L’après-midi, trois salons s’enfilent au premier étage: lecture, billard, curiosités, où l’on sert les mignardises du soir. Le salon de lecture, héritier des cabinets du Grand Siècle, ouvre ses alcôves bleues autour de bibliothèque centrale.
Le soir, au rez-de-chaussée, Le grand couvert se sert à la française, à la seule bougie, comme au Grand Siècle. Pierre de Vigny et voiles noirs façonnent le clair-obscur. La carte réinterprète le terroir normand. Un dîner d’apparat.
Au dernier niveau loge le chef en résidence, le temps de sa saison. De la cuisine-laboratoire au salon sous charpente d’époque, jusqu’aux chambres sous voile reprenant le baldaquin du XVIIᵉ, éclairées au candélabre. Espace privé.
Deux typologies de sol viennent substituer les sols manquants, dessinées en contraste pour distinguer l’existant du projet.
Le parquet, inspiré des essences locales, revient aux espaces intimes ;
La pierre, reprise de celles déjà présentes dans le bâti, aux espaces d’apparat et de service — dans l’héritage des usages du Grand Siècle
Trois panneaux muraux réversibles inspirés des revêtements du XVIIᵉ siècle restructurent l’espace :
un panneau textile évoquant les tentures décoratives et isolantes un panneau miroir avec une lame de noyer portant un porte-bougie recréant le clair-obscur nocturne et un panneau en pierre inspiré des moellons apparents du château.


