Cette ancienne usine de tissage est implantée à Mazamet dans le sud du Tarn. En lien direct avec l’épopée du délainage, elle reprend vie sous une forme hybride. Mêlant transmission et transition de vie, ce lieu est dépositaire de la mémoire des anciens. Ce bâtiment raconte ainsi l’histoire collective de la ville portée par ses résidents.
La présence de services de premières nécessités (boulangerie, médecins, supermarché, pharmacie… ) accessibles à moins de 500 mètres à pied, a influencé le choix de ce bâti existant pour y développer le projet.
Une proposition architecturale vient prendre forme dans la trame existante, via une percée centrale, laissant émerger une extension en acier corten. Le choix de cette matérialité apporte un parallèle précis avec la notion du temps et du vieillissement si cher au projet.
Chiffres clés :
· Mazamet : ~10 000 habitants · Regroupe une population vieillissante puisque l’âge moyen est de 49 ans. ·
En 2025, d’après l’association des Petits Frères Des Pauvres, 750 000 personnes âgées seraient en situation de « mort sociale » en France.
Selon l’Insee d’ici 35 ans, les 85 ans et plus atteindront plus de 5 millions de personnes rien qu’en France contre 1.4 million aujourd’hui. La solitude et l’isolement sont des facteurs importants qui se retrouvent chez les seniors notamment. Cette solitude a tendance à déclencher de lourdes conséquences physiques, psychiques et sociales.
Inspirée par l’ouvrage de l’architecte Cyrus Mechkat, Habitat à quatre générations. Socialinfo, Lausanne, 2025, j’ai bâti ce projet autour de trois liens :
1 · De la ville au cœur du site
2 · Entre espace public et privé : une zone de transition
3 · Vers l’habiter collectif ·
Ces liens mettent en évidence les différentes porosités du lieu, organisant ainsi une transition progressive entre : l’espace public qui fait lien avec la ville et l’espace privé intérieur (habitats partagés) par l’intermédiaire d’une zone semi-publique / semi-privée (patio).
LIEN 1
L’ESPACE PUBLIC
· De la ville au cœur du site ·
En investissant ce lieu, les résidents deviennent à la fois gardiens du site et passeurs de mémoire. Par leur rôle de médiateurs au sein du musée, ils participent activement à la transmission du passé industriel de la ville.
« Le projet transmet plus qu’un savoir-faire : il tisse une chaîne de récits entre générations. »
Le musée du délainage s’inscrit au cœur du bâti existant avec son écriture architecturale forte. La résidence partagée, quant à elle, prend place au sein de l’entité contemporaine du site.
« Les futurs résidents n’auront peut-être jamais travaillé dans ces usines. Toutefois ils pourront devenir les dépositaires et ou les porteurs de cette mémoire. »
LIEN 2
L’espace semi-public / semi-privé
· Entre espace public et privé : une zone de transition ·
LIEN 3
L’espace privé
· Vers l’habiter collectif ·
Une attention particulière a été portée au choix et à la provenance des matériaux, en privilégiant au maximum des ressources locales et/ou issues du réemploi.
Parmi eux : la laine tissée localement / le châtaignier, essence de bois locale issue de la Montagne Noire / le terrazzo formé à partir d’un granulat issu du réemploi des tuiles en terre cuite provenant d’une partie de la dépose de la toiture.
Au delà de son impact au niveau de la ville, ce projet vise à s’inscrire dans un parcours du savoir faire régional.
Ce lieu de mémoire du délainage, marque ainsi une nouvelle étape dans ce que pourrait être le chemin du savoir-faire Tarnais.


