Sur 1 500 000 œuvres que compte le MAD, seules 6 000 sont exposées. Les autres dorment en réserve, invisibles du public. Une réalité d’autant plus frappante que l’offre muséale française reste largement concentrée à Paris, où 68% des Français hors de la capitale déclarent manquer d’accès à la culture.


Comment transformer le Musée des Arts Décoratifs, sur le modèle du Louvre ou du Centre Pompidou, en un système national décentralisé où les réserves deviennent le point de départ d’un réseau de musées satellites territoriaux, permettant la circulation des œuvres et la redynamisation culturelle des territoires ?


Trois cartographies sont le point de départ d’une réflexion à l’échelle nationale : la première révèle la concentration des musées français sur le territoire, la deuxième identifie les manufactures, ateliers et acteurs des savoir-faire locaux qui en sont absents, et leur mise en regard ouvre la voie à l’implantation des huit satellites.


Les cales de radoub – Toulouse


Ancien site de réparation et d’entretien des bateaux du Canal du Midi, les Cales de Radoub constituent un lieu où la circulation et le mouvement sont inscrits dans l’histoire même du site. Une logique de flux que le projet prolonge en faisant du canal la voie d’acheminement principale des œuvres directement au cœur du musée.



Le projet


Axonométrie générale projet
Plan général projet
Façades générales projet

L’entrée


Pensé comme un pavillon sur l’eau, le lobby d’entrée s’inscrit dans l’axe de la percée visuelle sur le canal depuis la rue. Billetterie, vestiaires, contrôle de sécurité et audioguides, c’est le point de départ d’une visite qui suit, pas à pas, le cycle de vie d’une œuvre.


Le café – librairie


Le pavillon café-librairie s’impose comme le point de rencontre naturel entre les deux parcours de visite, une pause au cœur du site dont la terrasse s’ouvre d’un côté sur le parc arboré et de l’autre sur la cale couverte, bâtiment emblématique du site.


Les galeries


Les galeries couvertes constituent le geste architectural central du projet. Fixées en façade des bâtiments existants pour créer une double peau superposée, ou déployées de manière indépendante à travers le site, elles relient les trois bâtiments existants aux deux nouveaux pavillons pour offrir au visiteur une déambulation continue.


La réserve visitable


La réserve visitable constitue le cœur de ce nouveau modèle muséal : en transformant cet espace habituellement invisible en point de départ de la visite, elle révèle au public ce que le musée cache habituellement et invite le visiteur à découvrir les œuvres dans leur état le plus brut, avant toute restauration ou exposition.


Les ateliers de restauration


Les ateliers de restauration, rendus visibles depuis les galeries couvertes à travers la double peau vitrée, sortent de l’invisibilité le travail des restaurateurs et font de la conservation une expérience muséale à part entière, révélant au visiteur le cycle de vie d’une œuvre dans toute sa complexité.


Les expositions temporaires


Les expositions temporaires du MAD, dont la création mobilise des moyens considérables, ne s’arrêtent plus à Paris. Pensées dès leur conception comme itinérantes, elles voyagent ensuite de satellite en satellite pour rendre accessibles à l’ensemble du territoire des productions culturelles d’envergure nationale.


L’exposition territoire


L’exposition territoire offre à chaque satellite la liberté de commissarier ses propres expositions, ancrées dans les dynamiques culturelles et patrimoniales de son territoire, garantissant que chaque antenne ne soit pas une réplique du musée parisien, mais un lieu singulier et vivant.


À l’issue de ce projet, cette charte, document fondateur et protocole de référence, définit les conditions d’ouverture de chaque satellite du réseau MAD, pour permettre à ce système de se déployer sur l’ensemble du territoire et d’atteindre le plus grand rayonnement possible.


Annexes graphiques