Pourquoi maintenir et imposer des créations solides, pérennes, en pariant, entre autres, sur l’entretien des futures générations. Quand ces dernières ne voudraient-elles pas imposer leurs propres réalisations ?


GARROWAY R.W, Huttes composites aborigènes à la jonction des rivières Palmer et Mitchell, photographie extraite du bulletin « Ethnographie du nord du Queensland : Cabanes et abris », 1889, Australian Museum Archive, Sydney, Australie

Puisqu’elle n’est pas amenée à durer et à être vécue, cette architecture cherche donc à se faire oublier. Pouvant devenir un vague souvenir. En découlerait une rupture mémorielle. Bousculer cette continuité que recherche l’histoire et qu’elle vient, entre autres, puiser dans le pérenne.



Faire trop appel à l’histoire c’est parfois se tourner vers un temps révolu et déconnecté. Ouvrons nos livres d’histoire et nos carnets de références, seulement un temps. Mais n’hésitons pas à les refermer. Si dans sa genèse l’éphémère complétait le pérenne, il s’agirait désormais de le guider.


MIES VAN DER ROHE Ludwig, Photographie de la maquette en toile modulable, grandeur nature de la maison Kröller Muller à Otterlo, 1926.

C’est aussi, dans une société où tout fait traces, tout fait mémoire, chercher paradoxalement à oublier. Cette architecture refuserait d’imposer car consciente qu’elle ne peut suivre toutes les générations et ses usages, en constante évolution.