Ce projet s'inscrit dans le basculement du bijou amazigh: objet vécu, porté, rituel, devenu patrimoine figé sous vitrine, démembré de ses usages par un regard exotisant héritier du protectorat. Face à ce figement, le projet réactive la fonction première de la parure: marquer l'événement, sublimer les rites de passage, en la déplaçant du corps vers la table. La diffa, repas d'hospitalité marocain séquencé comme un rituel, devient le nouveau terrain de cette logique: noyau central, éléments périphériques, accumulation, symétrie la grammaire du bijou transposée en dispositif de table. Empilés, les contenants forment un totem sculptural qui se déploie au fil du repas. Des prises en forme de bagues à breloques ranimer le rapport au corps et la croyance amazigh: le mouvement active la protection