L’instrument de musique représente un paradoxe. C’est un dispositif technique qui façonne l’impalpable : l’émotion et le temps. Des rituels cosmologiques, reflet du monde caché, à l’excellence technique de la Renaissance, l’objet se dissipe pour se transformer en une extension de l’âme, et fusionner avec le corps. Mais que se passe-t-il, lorsque l’électricité interrompt le lien physique avec la matière ?
Ce mémoire interroge la transformation d’un objet qui se dématérialise pour occuper l’espace. Lorsque le geste se détache de la diffusion sonore, l’instrument cesse d’être un objet et se transforme en une présence : tout l’espace devient alors son nouveau corps vibrant.