Aujourd’hui, les moyens mis en œuvre pour réparer le corps humain atteignent un niveau de sophistication remarquable. Ils n’ont cessé d’évoluer au fil du temps afin de répondre, avec toujours plus de précision, aux besoins fonctionnels, esthétiques et psychologiques des personnes amputées. Ce constat entre en tension avec notre rapport aux objets, majoritairement conçus pour être remplacés. La logique du renouvellement par le neuf l’emporte sur celle de la réparation. C’est dans cet écart, entre le soin apporté au corps et la négligence des objets, que s’inscrit la réflexion de ce mémoire.
Longtemps attribuée au domaine médical, la prothèse n’est pas seulement un objet de compensation, mais un concept de réparation à part entière. Que se passe-t-il lorsque les designers s’en emparent ?