Ce mémoire est parti d'une expérience personnelle. Arrivée au Maroc, j'ai été frappée par la beauté des bassins, contrastant avec l'aridité des paysages environnants. De ce décalage naît le questionnement de cette recherche : quelle est la place réelle de l'eau dans la société marocaine ? Cette mise en scène trouve en partie ses racines dans le Protectorat français, où fontaine et patios furent esthétisés pour construire une image orientaliste du Maroc destinée au regard occidental. Cette logique semble perdurer aujourd'hui à travers le tourisme. Si l'eau reste centrale dans l'imaginaire collectif, vecteur de fraîcheur, de sociabilité et de savoir-faire, sa présence réelle se fragmente : concentrée dans musées et hôtels, elle se raréfie pour les habitants.