Scénographie d'une histoire philosophie de Gilles Deleuze dans l'exposition Jung Yeon MIN
Mon projet pour le sujet libre est donc un projet réel, en collaboration avec l’artiste Jung-Yeon MIN, pour l’exposition NOMADE, qui se tiendra l’année prochaine au Centre Culturel Coréen, à Paris. Le projet que je présente est issu d’un dialogue étroit, d’une collaboration fructueuse avec l’artiste, pour donner à comprendre son œuvre dans un espace qui doit être transformé pour l’accueillir. Le lieu, parisien et classique, est métamorphosé pour inviter au mystère d’un voyage. L’idée de nomadisme s’incarne dans l’évocation de la forêt, de la mer, et du désert. Mais c’est aussi à un voyage mystique que l’exposition convoque.
l’artiste Jung-Yeon MIN avec qui je collabore pour réaliser ce projet. Elle est née en 1979 en Corée du sud à Gwangju. Après avoir été diplômée de l’université Hongik à Séoul (Beaux-Arts), elle est venue à paris étudier à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts en 2002. Depuis 2006, son travail a été présenté dans différentes expositions dans plusieurs pays, institutions et galeries, notamment en France, Corée du sud et Russie. Elle avait un nouveau projet sur le sujet du nomadisme au Centre Culturel Coréen mais elle avait l’envie de travailler plus sur l’espace puisque le nomadisme est un sujet concernant le mouvement dans un espace fermé.
Nous avons commencé à définir concrètement le rôle de chaque personne dans ce projet. D’abord pour l’artiste, la définition de la notion du sujet de l’exposition et la création des œuvres d’art plastique, et la mise en forme de l’installation avec de la peinture et des dessins. Je m’occupe de créer une atmosphère différente dans chaque salle afin de permettre au public d’approfondir encore plus sa relation avec les œuvres et de mieux expérimenter le sujet central de l’exposition. Chaque salle de l’exposition porte nom. La salle A est l’espace quotidien, la salle B le désert, la salle C la mer, la salle D la forêt…
Aujourd’hui le nomadisme signifie le fait de rechercher constamment un nouveau soi sans être lié par un mode de vie ou des valeurs spécifiques. Le terme provient de l’idée d’un nomade qui se déplacerait sans s’arrêter, à la recherche d’un endroit où vivre. Le philosophe français Gilles Deleuze a décrit le monde du nomade comme un « monde dans lequel la vue erre » dans un livre intitulé Différence et répétition, publié en 1968 : le nomadisme est ainsi devenu un terme philosophique. Il correspond à la négation des valeurs ou des philosophies existantes, à la recherche continuelle de nouvelles choses. Académiquement, il signifie l’exploration de divers domaines, mais on le retrouve également dans de nombreux aspects de la culture de la société moderne : les phénomènes psychologiques, les mathématiques, l’économie, la mythologie, etc… Dans cet espace réel, présent et quotidien, entrent les plumes. Elles symbolisent le début et la fin de chaque voyage.  
Auparavant, cette salle comprenait deux grandes fenêtres, avec une cheminée au milieu, et un miroir, ce qui la rendait très lumineuse. Mais la salle ne possédait pas assez de murs pour installer les tableaux, et le mur, visible sur la photo de droite, où nous pouvons voir trois portes, dont deux fausses, ne pouvait pas être touché. C’est pour cela que j’ai conçu ce système de double couche, comme si nous étions dans une tente et que nous avions vue sur le désert à travers les fenêtres ouvertes de la tente. Ainsi les fenêtres d’intérieur et d’extérieur se croisent.
L’espace sous la mer. Il présente des choses réalistes et non réalistes que le public peut expérimenter ici dans un espace composé comme la mer. Les plumes existent sous une forme différente de celle des autres salles : elles apparaissent en effet uniquement dans les œuvres présentées dans la salle, sous forme de dessins ou de peintures. Cela signifie aussi qu’il n’existe pas de limite pour les plumes. Avant sa rénovation, cette salle était très lumineuse, mais aujourd’hui elle est totalement fermée et sombre. Une autre de ses caractéristiques est son plafond à caissons en forme d’octogones. Quand je suis entrée cette salle, je me suis sentie comme dans la mer.
La forêt que je propose dans cette espace n’est pas une forêt qui existe réellement : elle n’existe que dans le souvenir. A la manière du souvenir, qui nous paraît souvent comme une image sans couleur, odeur, ni caractère, les œuvres proposées dans cette salle n’ont pas de couleurs marquantes. Leur envergure chromatique se limite au noir et au blanc. Les plumes qui apparaissent dans les œuvres, ainsi que dans les motifs de la lumière tombant du plafond, grâce à l’installation d’un motif plumeux, symbolisent l’accumulation du temps, et l’infini.
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