Le silence comme matière, galerie vivienne, Paris


Dans la continuité des recherches et des réflexions abordées dans mon mémoire, j’ai souhaité explorer les sonorités et les silences d’un espace, et travailler ce dernier par son paysage sonore.


Nous vivons aujourd’hui dans une ère où notre oreille est sollicitée en permanence. Klaxons, slogans publicitaires, bip du micro-onde… Ces bruits combinés influencent notre relation à l’espace et notre santé, physique et psychologique. Et si nous nous accordions une « pause » ?


Une expérience


Créer un silence au milieu d’un espace public. Mais où ?

A la galerie Vivienne, passage couvert de Paris, règne une atmosphère calme, paisible et insolite. Bien que des traces de son histoire passée subsistent, c’est aujourd’hui un lieu hors du temps, que l’on traverse, retraverse, et redécouvre à chaque fois.

Et si le silence pouvait matérialiser une vie nouvelle pour cette galerie ?


Visualiser l’impalpable


Comment travailler ce qu’on ne peut percevoir visuellement ? Puisque l’on ne peut voir les sons et les silences, pourquoi ne pas rechercher des façons de les représenter ?

Ambiance sonore de la galerie Vivienne

Ambiance sonore que je souhaite y instaurer


Etude des matériaux


Les formes et les matériaux de ces différentes installations sont réfléchies à partir de l’analyses des caractéristiques des ondes sonores dans l’espace, ainsi que des propriétés acoustiques des matériaux.


Installations


Une estrade avec un revêtement en moquette est installée sur l’ensemble des sols de la galerie.

Du mobilier, des garde-corps et des lustres parsèment l’espace et créent des pauses dans le parcours du passant.

Un passant traversant la rue des Petit Champs entre dans la galerie. Il emprunte l’estrade. Tout de suite, son rapport à l’espace change. Alors qu’il effleurait un sol en mosaïque, sur lequel ses talons claquaient et résonnaient, il effleure maintenant un sol feutré, ses pas sont silencieux et étouffés.

Il s’avance, aperçoit des formes, des volumes, qui ressemblent à des assises. Il peut s’arrêter, ou continuer. La lumière s’atténue près des murs de la galerie. Il entre dans la rotonde, cette fois il s’assoit, s’arrête, et prend le temps.

Après quelques instants, il se lève, et entre dans la grande nef centrale. Il avance, et serpente sur le motif, rencontrant de temps à autre d’autres assises.

De grands lustres transforment l’espace et absorbent les sons.

Au centre de la nef, il aperçoit un espace circulaire, comme un point de rendez-vous. Quelqu’un est assis et attends. L’atmosphère est calme et paisible, il se dit qu’il pourrait attendre un petit peu lui aussi. Une fresque murale clarifie l’espace, sans dégrader les zones d’ombres créées par l’architecture du lieu.

Il continue, traverse l’espace, et emprunte une légère pente qui le mène à l’angle de la galerie.

Les lumières sont plus sombres, l’espace semble plus silencieux. A la fin de son parcours, lorsqu’il descend de cette passerelle, et réentend ses pas clinquants, et entend alors le silence qu’il vient de traverser.


Ainsi, par ce ralentissement de la marche et du parcours, le silence matérialise une nouvelle vie pour la galerie Vivienne, qui elle-même révèle ce silence.


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