Pauline Goumet

La salle de classe

Ce projet prend racine à l’école Jean Vilar à Villejuif. Il s’agit de mon ancienne école maternelle. Durant ce travail, j’ai pu échanger avec la directrice de l’école et institutrice Caroline Lenglet, qui m’a fait visiter les lieux. 

Préau de l’école maternelle Jean-Vilar, 2017. L’école à été restructurée par l’architecte Alain Manoilesco, de 2014 à 2016.
Cours de récréation de l’école Jean Vilar, 1972
 Entrée de l’école Jean Vilar, 1972

Il est intéressant de constater les changements et l’évolution qu’a subit le lieu entre ces deux photographies, c’est à dire entre 1972 et 2021. Après ma visite et mon analyse des lieux, j’ai constaté que certes l’école s’est modernisée, dont sa devanture et certaines parties communes, mais qu’en est-il au sein même des classes ?

Ici à gauche, la photographie de la classe de ma mère que l’on peut voir au premier rang, elle-même ayant été à l’école Jean Vilar en 1976. Trente ans plus tard, me voici sur la photographie de droite en 2006.

Qu’en est il au sein même des classes ? Comment le mobilier a t’il évolué jusqu’à aujourd’hui ? De part le mobilier qui se trouve sur les deux images, nous pouvons constater que celui-ci a peu évolué depuis des décennies, il est resté assez intact.

Caroline Lenglet, directrice de l’école depuis vingt ans, m’expliquait qu’après même la restructuration du bâtiment, elle avait toujours les mêmes problèmes qui persistaient en classe : à savoir tant sur le plan matériel, que sur le plan organisationnel des cours. C’est suite à ce constat que j’ai décidé de retravailler les salles de classes.

Voici les constats relevés d’une classe actuelle :  Mobilier récupéré à outrance, celui-ci est en décalage avec une pédagogie qui elle tend à évoluer. L’espace est difficilement modulable, cela entraîne une complication des tâches journalières. Il est fastidieux de déplacer le mobilier, de créer des groupes d’activités rapidement.

Les deux grandes intentions directrices du projet, sont les suivantes : Permettre un espace de classe qui soit modulable, et surtout avoir un mobilier qui soit plus proche de l’apprentissage des plus petits, plus lié à la pédagogie. J’ai alors constitué avec l’aide de Caroline Lenglet, des scénarios d’activités pour comprendre comment j’allais devoir moduler la classe et opérer mes intentions dans l’espace.    
L’étude des scénarios a permis de définir la classe en trois grands états : Il y a un état où les enfants sont regroupés, un état où ils sont scindés en deux groupes, et un troisième état où les élèves sont dispersés dans la salle. Cette analyse va permettre de définir les besoins d’une classe.    

L’entrée se fait par le corridor où le matin, un rituel s’installe. Les enfants déposent leurs mentaux et récupèrent leurs assises déployables avant d’entrée en classe. Cela permet à la fois de rendre l’enfant plus autonome mais également de désengorger la salle, afin d’optimiser l’espace de classe.

Différents scénarios d’usages sont possibles en fonction des activités et des journées.

Assise modulable et déployable en 3 états. L’assise permet à la fois de s’allonger, de s’assoir pour une activité de détente et de travailler. Un dossier mobile est  présent dans l’assise et peut être rangé facilement à l’arrière du module.
La couleur présente sur le mobilier a ici un but pédagogique : elle permet de donner des repères de spatialités. Les couleurs primaires ainsi que deux couleurs complémentaires sont utilisées comme éléments indicatifs.
Ce mobilier est conçu pour s’autonomiser en grandissant, et comprendre des notions qui pour nous en tant qu’adulte paraissent évidentes. Le meuble prévu pour la peinture contient un chariot mis à disposition des enfants pour distribuer les blouses en autonomie. L’idée est de jouer sur les hauteurs : certains outils sont rangés dans la partie haute du meuble et ne sont accessibles que part l’institutrice. J’ai souhaité que les enfants s’occupent d’une partie de leur matériel, les crayons et les feutres sont placés dans des petits modules à roulettes déplaçables, et comportent des tablettes amovibles. L’abécédaire et les lettres des outils rangés sont présents sur le rangement : Le « c » pour les crayons par exemple. Cela permet de reconnaitre les lettres des mots. Le bureau de l’instituteur(trice) est amovible et la chaise à comptines permet de ranger des livres sous l’assise. De plus, les tables à plateaux tournants donnent la possibilité de passer rapidement de dix à vingt enfants lors des changements d’activités.
Le mobilier de jeux permet d’apprendre le chiffrage présent sur les compartiments de rangements, et induit plus facilement la géométrie, grâce au jeu de construction géant en mousse et bois présent dans meuble. Le mobilier devient support de cours. Il est plus simple pour un enfant de comprendre ce qu’est un rond ou une forme rectangulaire, que de comprendre que dans un carré se redécoupent des triangles, etc.
Par un système de rail au plafond, le rideau vient séparer l’espace en deux et le tissu qui est très peu opaque à hauteur d’enfant, permet de surveiller la classe entière, malgré la fermeture des rideaux. Une partie du rideau reste statique car elle contient des poches à doudous, ce qui permet notamment de créer un repère dans la classe.
Le panneau de bois sur le mur du fond permet de concentrer l’affichage et les exercices plastiques réalisés en cours. Celui-ci est composé de lamelles de bois sur rail qui permettent d’afficher des dessins aux formats de son choix.

Sur cette image, l’ensemble du mobilier est visible, créant un écosystème ludique, pédagogique et coloré.

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